REFLEXIONS

Beaucoup d’adolescents perdent irrémédiablement toute souplesse, faute d’une activité physique bien conduite ;

 

Quantité d’individus, apathiques, résignés, sans ambition ni projets, sont vieux avant l’âge.

 

Réagissez ! et vite ! Car, au vieillissement biologique, inéluctable, s’ajoute un vieillissement mécanique, contrôlable, et un vieillissement mental, évitable.

 

Les mauvais traitements que vous vous infligez aujourd’hui entraîneront demain de multiples séquelles plus ou moins invalidantes. En revanche, si vous entretenez correctement votre corps et votre esprit, vous engrangerez à moyen et long termes de substantiels bénéfices. L’art de bien vieillir se cultive tout au long de sa vie.

 

Les arts martiaux sont destinés à vous faire traverser l’existence le plus sereinement possible grâce à l’acquisition d’une technique d’autodéfense éprouvée et au développement d’un mental indéfectible. De plus, un entraînement régulier et bien conduit doit vous conférer une condition physique bien au-dessus de la moyenne. Ils constituent donc le support idéal d’un harmonieux vieillissement.

 

La motivation :

 

Il existe des motivations factices (motivations extrinsèques),  est celle qui repose sur le plaisir de pratiquer. Or, ce plaisir ne vient pas tout de suite : il faut passer le stade de l’apprentissage. Selon l’activité, cela peut demander plusieurs années. Un peu de persévérance est nécessaire, mais si le plaisir n’apparaît pas, il peut s’avérer judicieux de changer d’activité : tout le monde ne s’épanouira pas dans l’eau, dans la neige ou dans un dojo.

 

Néanmoins, avec l’âge, la motivation peut et doit évoluer. Certains ont même cessé de s’entraîner — de ne plus être aussi rapides, aussi puissants, aussi souples que dans leur prime jeunesse, preuve d’une motivation d’une banalité désespérante. En vieillissant, il est normal, passé l’acmé de la forme physique, de régresser — encore qu’un entraînement régulier puisse maintenir des performances de bon niveau très longtemps. Cette évidence devrait motiver tout le monde à développer des capacités mentales qui viendront progressivement compenser les déficiences physiques. Ainsi, la vitesse est-elle une notion relative qui intègre la surprise de l’adversaire. En travaillant sur l’observation de manière à porter une attaque au moment optimum vous donnerez l’impression à votre adversaire d’une vitesse phénoménale. Cette qualité peut s’améliorer à tout âge, comme de nombreuses autres caractéristiques mentales.

Mais pour vous, individu raisonnable, est-il bien sérieux de compter sur la chance pour vieillir dans de bonnes conditions ? La réponse est dans ce proverbe japonais : « Attendre la chance, c’est attendre la mort

 

Ceux qui  s'imaginent pratiquer et progresser seul en ignorant les efforts à faire en venant régulièrement au Dojo et en participant au cours au moins deux fois par semaine et à des stages le plus souvent possible ne font que tourner en rond et perdre leur temps.

 

Un des meilleurs moyens de progresser est d'intégrer l'art que tu pratiques dans ton quotidien. Il faut que ça fasse partie intégrante de ta vie. Cela permet de retirer la contrainte de temps ou les excuses du type :

  • je n'ai pas le temps d'aller à l'entraînement
  • il pleut
  • il fait froid
  • il fait trop chaud
  • c'est loin
  • y'a trop d'encombrements
  • problèmes de transport
  • je suis fatigué

 

 

 

De nombreux Budo modernes se sont transformés en sport, où l'on ne recherche que les résultats visibles, en jetant, en frappant ou en projetant son adversaire, il en résulte une technique médiocre, on ne peut d'ailleurs même pas parler de technique. Cette pratique limitée ne correspond pas à la formation d'un être au caractère noble et intègre qui est l'un des objectifs du Budo.

Malgré la volonté des fondateurs du Kendo moderne (Vers 1952), le Kendo s'est dénaturé en sport. Notamment à cause de la modification des Kata traditionnels et le rejet de certaines positions fondamentales.

Ils est donc nécessaire de réétudier les Kata que nous ont laissé les anciens.

 

Il n'y a donc pas d'objectif à gagner, où à être le meilleur ?

 

En Iaido, il ne devrait pas y avoir de compétition. Il devrait y avoir seulement des rencontres, dans lesquelles on démystifierait le problème de la compétition. La compétition fait reculer l'être humain et le détourne de l'esprit du Budo.

En occident, toutes les disciplines fonctionnent pourtant sur ce principe. Il faut alors bien être conscient qu'il s'agit de sport et non plus de Budo Japonais. On enlève ainsi, toute l'essence de ces disciplines, au profit de quelque chose d'immédiat. Dans notre société actuelle, une activité comme le Iaido qui correspond à l'esprit du Budo peut permettre d'aider les gens. Le Budo amène une discipline et une mentalité très importantes dans la vie. Les disciplines martiales traditionnelles portent en elles une valeur inestimable pour l'être humain. Elles régissaient la vie des Samouraï, ce temps est révolu, mais il reste une essence qui doit perdurer.

 

 

Ce qui confère sa qualité au budo, c'est d'abord l'esprit avec lequel on le pratique en recherchant la profondeur, puis la forme technique d'une discipline
Quoi qu'il en soit, le Budo élève l'élève sincère. Il peut l'avilir tout autant, tout dépend du chemin emprunté.

REFLEXION

 

Kata: Le kata est une tendance ethnique à s'accorder confiance qu'aux fait saisis intuitivement et à négliger l'appréhension par la réflexion logique. Comment dan notre éducation, notre culture arriver à intégrer cela?

Contrairement à ce que l'on pourrait croire le geste en tant que tel, est très difficilement transmissible.
Au Japon lors de passage de grade de 7e et 8e dan, les sensei déclarent : les gens font de jolis katas, mais ce n'est pas ce que nous desirons voir! d'autres plus acerbes les 8e dan actuels ont le niveau des 5e dan du passé.

 

Cela doit nous interpeller, tant au niveau de la transmission, qu'au niveau de la pratique individuelle. L'explication verbale se contente d'indiquer la position des adversaires, sans commenter les techniques transmises. Dans un kata figure l'attaque et la riposte et également ce que pourrait faire les adversaires et non uniquement ce qu'ils font.

Cette présence de l'adversaire est devenu très flou dans l'imagination des pratiquants car le combat réel est rare et celui de l'entraînement souvent limité aux démonstrations, aux compétitions, lesquelles sont soumises à des règles.

 

Obéissant à celles-ci les adversaires deviennent plus légers et moins dangereux. C'est la raison pour laquelle l'exécution du kata devient simplement spectaculaire et que l'interrogation sur le sens des gestes n'est plus soulevée, d'ou la critique. Ce genre de kata n'est qu'un fleur...... c'est à dire qu'il est beau à voir, mais n'a pas de substance.

 

Si l'adversaire est parfaitement présent, tout gestes reflète l'attaque et l'exécution du kata devient moins théâtrale, moins spectaculaire. Lorsque l'adversaire disparait ou se dilue, l'exécution du kata devient une simple séquence gestuelle et le kata est alors compris comme une gymnastique comportant quelques mouvements liés aux combats.

Les katas sont un système ancien qui joue un rôle notable dans la pratique des arts martiaux traditionnels Japonais

 

A noter qu'une discipline ne peut se définir de traditionnelle que si elle possède un certains nombre de siècles d'existence. Dans le kata l'acte est prédominant. Aussi l'apprentissage et la transmission se font verbale, la parole n'ayant qu'un rôle accessoire car il y a une structure complexe qui existe derrière l'apparente simplicité du kata.

Le kata fourni un exemple précis de simulations de combat, c'est une séquence composée des meilleurs gestes, sous tendus par un état d'esprit.
Le travail d'un kata s'étend sur plusieurs années, voir un vie entière. 12 katas permettent de passer du 1er au 8e dan. Ce travail passe par plusieurs étapes. C'est pourquoi il ne suffit pas de comprendre le kata comme un ensemble de formes mais plutôt comme le moyen par lequel ont été fixées de plus vaste connaissances. Je rajouterai qu'il est impératif dans la pratique de vivre les katas

 

 

Comment s’entraîner ?

 

Une pratique régulière est indispensable, disons qu’un minimum de deux ou trois séances par semaine pour un élève me paraît raisonnable.

La plupart des organisations humaines, les fédérations sont tôt ou tard récupérées par des gens du système qui briguent des postes plus ou moins honorifiques (et des grades) qu’ils n’auraient jamais pu obtenir en dehors de tels systèmes institutionnels. Au détriment de pratiquants plus investis dans le travail sur le tatami que dans les copinages et les petits arrangements politiques.

Progresser en enseignant

Quand j’ai commencé à enseigner dans un club, bien qu’ayant déjà une vingtaines d’années de pratiques derrière moi, je craignais de ne plus progresser en me consacrant aux autres. C’est pourquoi je tenais à poursuivre mon parcours d’élève auprès de mes professeurs et j’organisais mon emploi du temps pour continuer mon entraînement personnel. Je n’imaginais pas alors que l’enseignement allait devenir un tremplin dans ma progression en tant que pratiquant et en tant que personne.

 

Enseigner le iaido, ou autre chose d’ailleurs, demande une grosse somme de travail. Il convient bien sûr d’avoir un minimum de maîtrise du sujet, les techniques, les katas.

L’enseignant ne peut donc se reposer juste sur ses compétences techniques. Il peut bien sûr être un modèle mais cela n’est pas suffisant, si ce n’est que très secondaire. Pour enseigner correctement l’instructeur doit analyser sa pratique et sa discipline. A partir de là, il étudie comment construire un édifice pédagogique qui soit cohérent. Je ne parlerai pas ici plus de pédagogie,

 

Ce qui est étonnant, c’est qu’alors que l’enseignant réfléchi à comment rendre la pratique du iaido accessible à tous, ses analyses l’oblige à progresser. En effet, en s’appropriant les mécanismes de la technique et de sa biomécanique, il approfondi sa compréhension de l’art martial, affine gestuelle et sensations.

L’observation des élèves fait elle aussi progresser. Lorsque le professeur les voit commettre des erreurs, il se pose la question « Peut-être que je fais la même chose ? ». L’élève peut alors jouer le rôle de miroir dans lequel on se reflète. Lorsque l’enseignant a la modestie d’admettre que l’élève est parfois le reflet de ses faiblesses, il peut alors proposer une stratégie pour aider l’autre tout en s’aidant soi-même.

Ainsi, en prenant conscience des difficultés d’autrui, le professeur prend la mesure de ses propres limites et de ses difficultés. Savoir se remettre en question, ne pas penser que l’on sait tout, demande un travail sur soi, sur l’ego. La situation n’est pas facile pour l’enseignant car les élèves peuvent le mettre sur un piédestal, et sous le regard d’adoration de ceux-ci, l’ego de l’enseignant gonfle pour devenir plus gros que le boeuf !

 

Pour ma part, le fait d’avoir continué à suivre des cours avec mes professeurs, d’être confronté à des difficultés avec d’autres pratiquants dans les cours, m’a permit de rester ancré dans la réalité et ne pas me faire d’illusions, ou peut-être moins. En effet, lorsqu’on enseigne, les élèves ne vous attaquent pas avec sincérité, même si cela est inconscient bien sûr.

 

Lorsque vous vous entraînez avec des personnes qui ne vous vouent aucune adoration, les choses se compliquent un peu et ce qui fonctionnait à merveille avec nos élèves, vole alors en éclat et nous met en échec.

Un autre aspect intéressant quand on enseigne, c’est la motivation. Comme tout le monde il est des jours où l’on est fatigué et où l’on préférerait rester dans son canapé. Le fait qu’un groupe de personnes vous attendent, comptent sur vous, motive et empêche de se lamenter sur son sort.

 

Vous pouvez devenir enseignant sans professer dans un club. Chaque personne ayant acquis un certains niveau technique, même minime, peut aider les autres à progresser. On peut ainsi conseiller, observer, répondre à des questions, si l’on est ouvert aux autres et que l’on fait la démarche d’aller vers eux. Le club de iaido est à cet égard un lieu merveilleux car nous y venons tous pour partager la même pratique. Je pense que l’on peut avoir un regard, une analyse, une réflexion, quel que soit le niveau.

 

En tant qu’élève on progresse mieux si l’on investit sa pratique. Je pense que nous sommes tous notre propre enseignant. Pour cela il faut avoir une attitude active durant les cours, prendre des notes, retravailler ou repenser à ce qui a été étudié, analyser les difficultés rencontrées, prendre en compte les remarques du professeur. N’attendez pas de devenir professeur pour progresser et vous prendre en main.